Nez & Palais
Balade dans les Vignes la Vallée de la Loire
Le vignoble de Touraine et de Sologne s’étend d’est en ouest d’Orléans à Montsoreau sur 16 300 ha. Ce vaste ensemble comprend un grand nombre d’appellations dont la diversité et le rapport qualité-prix ne sont pas les moindres atouts. De multiples cépages s’épanouissent sur les sols solognots et tourangeaux, mais les plus importants sont le chenin en blanc, et le cabernet franc ainsi que le gamay en rouge. Il y a néanmoins d’autres cépages dont l’importance en termes de surface plantée est inversement proportionnelle à leur intérêt dans le verre. Ce sont, en tout, 17 appellations complétées par 5 dénominations (nom de lieu accolé à l’AOC Touraine) que nous allons découvrir.
Aoc Orléans et Orléans-Cléry
Les vins rouges de l’appellation orléans sont issus de deux pinots, le noir et le meunier. Si nous connaissons tous les vins rouges tranquilles issus du pinot noir, il n’en va pas de même pour le pinot meunier. Très répandu dans les vins effervescents de Champagne, il est beaucoup plus rare en vin rouge tranquille. On peut ici apprécier son caractère floral unique, une vraie gourmandise. Orléans-cléry met en avant, quant à elle, le cabernet franc qui exprime ici parfaitement son caractère friand et digeste typiquement ligérien.
Cheverny et Cour-Cheverny
À Cheverny, l’assemblage est de mise. Les blancs expriment, grâce à la complémentarité du sauvignon et du chardonnay, un caractère à la fois rond et rafraîchissant. Ils donnent la réplique avec autant de naturel à une andouillette dans un bon bistrot ou un poisson fin et délicat d’une table plus sophistiquée. Les rouges au fruité éclatant rafraîchissent autant qu’ils réjouissent par leur côté guilleret. Certains sont même capables de vieillissement qui en surprendrait plus d’un. Enfin, la confidentielle appellation cour-cheverny produit un blanc à partir du romorantin dont l’originalité ne réside pas tant dans sa rareté que dans son aptitude à la garde.
Aoc Touraine
S’il est difficile de dessiner le profil des vins de ce vaste ensemble tant ils sont divers, on peut néanmoins mettre en avant le caractère éminemment digeste des vins en blanc comme en rouge et rosé. La grande majorité des vins blancs est issue du cépage sauvignon qui exprime ici une gamme aromatique très orientée vers les agrumes. Certains domaines produisent des vins plus ambitieux au potentiel de garde pouvant dépasser la décennie. S’agissant des vins rouges, la large gamme de cépages utilisés assure une grande diversité de style même si le gamay domine. En tout état de cause, l’appellation touraine est une mine d’or en matière de bon rapport qualité-prix et tout amateur curieux y trouvera de quoi étancher sa soif et satisfaire sa curiosité.
Touraine-Amboise
Si je vous propose un petit focus sur cette appellation, c’est pour mettre en avant le travail des vignerons qui devrait aboutir d’ici deux à trois ans à la reconnaissance du cru communal Amboise. Le chenin s’y montre parfaitement à son aise, donnant naissance à des vins dont la finesse et la complexité sont enthousiasmantes. Le côt développe une gamme aromatique assez réjouissante, qui va du floral au fruité soutenue par une trame tannique qui ne cesse de s’affiner. Ne passez pas à côté !
Montlouis et Vouvray
Ces deux appellations produisent exclusivement des vins blancs qui vont du sec au liquoreux en passant par les vins effervescents. Chacune sur une rive du fleuve royal, elles partagent les argiles à silex sur socle calcaire. Les deux crus produisent de grands vins blancs secs comme liquoreux qui peuvent vieillir plusieurs décennies. On observe toutefois un regain de dynamisme à Montlouis avec, ces 15 dernières années, l’installation d’une nouvelle génération qui a sérieusement rajeuni le cru sous le regard bienveillant du patriarche François Chidaine.
Saint-Nicolas-De-Bourgueil
Les sols sableux et graveleux confèrent aux cuvées de Saint-Nicolas une souplesse et une fraîcheur qui les rendent aimables dès leur jeunesse. Les coteaux plus calcaires engendrent des vins plus charpentés aptes à une bonne garde. Saint-Nicolas est une appellation riche en excellents rapports qualité-prix.
Bourgueil
On distingue deux types de vins à Bourgueil. Les vins issus des rives de la Loire, sableux et graveleux qui donnent des vins souples et vifs, archétype du vin de soif ligérien, tout en fruit. Et ceux issus des coteaux argilo-calcaires. Ces derniers ont un profil sensiblement différent avec une structure, une profondeur et une complexité qui en font d’authentiques vins de garde. Voilà une appellation sous-cotée !
Chinon
Aux deux types de sols rencontrés à Bourgueil s’ajoute, à Chinon, le plateau argilo-siliceux. Les vins les plus souples voisinent avec des cuvées puissantes et de très longue garde. Chinon constitue indéniablement une appellation riche en grands vins, puissants et fins, d’authentiques grands crus. Les prix, comme à Bourgueil, restent très sages en comparaison de la qualité d’ensemble.
Coteaux-Du-Vendômois, Jasnières, Coteaux-Du-Loir
Ces trois AOC de la Sarthe sont très injustement méconnues. Si leur petite surface explique en partie cet état de fait, il n’en reste pas moins que la singularité de leurs vins justifie amplement que l’on s’y intéresse de très près. Outre un rapport qualité-prix plaisir quasi inconnu ailleurs, les vins rouges réjouissent le palais par un caractère acidulé et poivré unique, et les blancs traduisent la minéralité des silex qui les a vus naître avec une précision d’orfèvre. À découvrir absolument !
