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Histoire de pâtissier

Amaury Guichon

Il est le pâtissier le plus médiatique de la planète, son nombre de followers impressionne mais certainement pas autant que ses créations, dont il dévoile la réalisation dans des vidéos visionnées des millions de fois sur les réseaux. Entretien avec un surdoué de la pâtisserie et du chocolat. C’est par téléphone que nous avons joint Amaury Guichon à Las Vegas. Malgré un emploi du temps surchargé, il a pris le temps de nous raconter son incroyable parcours

Pastry Academy à Las Vegas

Avant la pâtisserie, vous avez commencé par la cuisine…

En fait, mon parcours est similaire à celui de beaucoup de mes confrères ; à savoir, être un élève plus ou moins moyen orienté vers un métier manuel. Je n’y suis donc pas forcément allé avec beaucoup de joie, j’avais juste envie de quitter le milieu scolaire qui me donnait l’impression d’être un loser. Quand je voyais la réussite des autres, je me demandais vraiment si quelque chose n’allait pas chez moi. J’ai compris avec le recul que je n’y trouvais en fait pas d’intérêt. Je suis donc rentré en internat, en formation BEP Cuisine au lycée hôtelier de Thonon-les-Bains.

Vous le viviez comme une sorte d’échec ?

Non, je pense que j’avais accepté mon sort, j’avais envie de rentrer dans la vie active pour tourner un chapitre et pour une fois essayer de briller aux yeux de mes parents.

Comment s’est passée votre formation ?

La cuisine me convenait déjà plus que le milieu scolaire car j’avais un semblant de réussite, mes notes étaient largement meilleures qu’avant. J’avais l’impression d’être plus dans mon élément. Même s’il y avait une certaine violence, car les méthodes étaient plutôt « old school ». Notre enseignant de cuisine de l’époque en venait facilement aux mains. C’était un grand gaillard de 2 mètres pour 110-120 kg, qui n’hésitait pas à nous mettre de grandes claques dans le dos. Ce qui le faisait beaucoup rire, et faisait aussi beaucoup rire la classe.

Vous supportiez cette ambiance ?

J’y voyais un côté très abusif, et j’avais aussi du mal avec les odeurs, notamment celles des chambres froides. Ces odeurs de viande morte m’ont vite fait comprendre que la cuisine ne serait pas faite pour moi sur le long terme. De plus, l’adrénaline, le stress des coups de feu durant le service, c’était à la fois excitant et effrayant à mes yeux. Ce chef, dont on doit subir et supporter les humeurs, me déplaisait. Le rythme était beaucoup trop intense pour moi.

Que faites-vous une fois votre diplôme obtenu ?

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