Histoire de pâtissier
Benoît Charvet
Restaurant Paul Bocuse à Collonges-au-Mont-d'Or
Discret, Benoît Charvet fait partie de ces chefs qui parlent peu, mais disent juste. Formé dans des maisons exigeantes, nourri très tôt par une culture familiale de la restauration, il a construit sa pâtisserie entre rigueur, transmission et fidélité aux fondamentaux. Aujourd’hui chef pâtissier du restaurant Paul Bocuse, il s’inscrit dans un héritage immense qu’il fait
évoluer avec mesure, sans jamais le bousculer. Il pense le goût avant la démonstration et incarne une pâtisserie de sens, à son image : humble, engagée, et résolument tournée vers l’essentiel.
Vous avez grandi à Paris. Quel enfant étiez-vous ?
Plutôt réservé, observateur, avec un rapport très sensoriel aux choses. J’aimais comprendre comment les choses se faisaient, démonter et reconstruire. L’école se passait bien, mais ce n’est pas ce qui m’intéressait le plus. Je n’étais pas dans la performance scolaire, mais dans l’envie de faire. Très tôt, j’ai senti que je m’épanouirais davantage dans un métier concret, où l’on crée quelque chose de ses mains.
La cuisine occupait-elle une place importante à la maison ?
Oui, clairement. Pas forcément au quotidien de façon démonstrative, mais il y avait ces grands rendez-vous familiaux, les repas du dimanche, les tables de fête. Mon grand-père était très attaché à la gastronomie, aux produits, aux bonnes maisons. Ces moments ont forgé une mémoire gustative très forte chez moi.
Cet article est issu du magazine
S'abonner
