La table du chef
Naoëlle d’Hainaut
L’Or Q’idée
Son nom vous dit certainement quelque chose. Lauréate de la saison 4 de Top Chef en 2013, Naoëlle d’Hainaut fait partie de cette génération de chefs nés dans les années 80, au parcours académique brillant et à la rigueur imperturbable. Originaire de Creil, dans le Val-d’Oise, où elle suit tout son cursus en alternance (CAP/BEP), l’apprentie « grande cheffe » fait ses armes dans de prestigieuses maisons franciliennes, comme Dolce à Chantilly, avant d’entrer au Bristol (Paris 8e), dans l’équipe d’Éric Frechon, où elle gravit les échelons jusqu’à devenir sous cheffe. Téméraire et profondément passionnée par le métier de cuisinier, la Creilloise encaisse le rythme effréné et la pression bien connue des palaces. Elle acquiesce : « J’aime quand c’est carré, droit. J’aime la hiérarchie et l’ordre, je n’ai pas souffert. À l’époque, Monsieur Frechon cherchait la troisième étoile, les gens en cuisine étaient en transe. Je me suis fixé de tenir deux ans, je suis restée dix ans. » Ce flegme imperturbable la mène par la suite à remporter l’émission Top Chef, quintessence du dépassement de soi et de la création culinaire. « Je n’ai jamais autant créé en si peu de temps », se souvient-elle, soulignant au passage un changement de paradigme dans sa vie : « Jusqu’à l’émission, je travaillais dans l’ombre d’un chef. Grâce à la victoire, j’ai été mise en lumière. J’ai totalement changé ma façon de me voir et de faire. » Quelques années plus tard, Naoëlle inaugure – avec son mari Matthieu – le restaurant de ses rêves à Pontoise, son terroir natal. Un retour aux sources très vite salué par la critique. L’Or Q’idée obtient dès 2019 une première étoile au guide Michelin. Et, dans la foulée, l’étoile verte pour son action écoresponsable.
Cet article est issu du magazine
S'abonner
