© Marie Pierre Morel
Alexandre Gauthier
Alexandre Gauthier est un chef à la personnalité singulière, son restaurant La Grenouillère, l’illustration parfaite de sa vision du « grand restaurant ». Un lieu atypique, moderne, où cuisine et salle se confondent presque, dans cette maison qui l’a vu grandir et qu’il a faite sienne il y a 10 ans maintenant.
Alexandre Gauthier est né le 26 mars 1979, quelques jours seulement après que ses parents, Roland et Claudine, ont ouvert leur restaurant à La Madelaine-sous-Montreuil, dans cette bâtisse de plus de trois siècles d’existence tout près de l’estuaire de la Canche. Enfant de restaurateurs, il n’aura pourtant pas traîné dans les tabliers de son père. Ses séjours en cuisine se résumaient à s’occuper de temps à autre à la confection de quelques biscuits. Quant au choix de son métier, la question ne s’est pas posée : « Je crois que quand on est gamin, on a toujours envie de faire le métier de son père », avoue-t-il.
Comment s’est déroulée votre enfance ?
J’ai fait beaucoup de sport, notamment du basket et du kayak, et surtout j’étais scout. Une véritable école de la vie, de la débrouille, du dépassement de soi, de l’exigence, de la camaraderie et de l’esprit d’équipe. C’est apprendre à vivre en extérieur, avec ce que l’on a, sans être dans le superflu, et dans un groupe où les classes sociales sont effacées par le port d’un uniforme, et cela est intéressant. En plus des valeurs que mes parents et mes grands-parents m’ont transmises, ça m’a tout apporté.
À quel moment l’envie d’être cuisinier se profile ?
Tout de suite, même si vers 16 ans, en comprenant les difficultés de ce métier, j’ai douté… Mais j’ai vite compris qu’il me fallait gagner ma vie, et que la cuisine était un milieu où les emplois ne manqueraient jamais, et où les salariés décident de l’endroit où ils veulent travailler. Déjà à l’époque, il suffisait d’envoyer un CV bien tourné avec une réelle énergie et de réelles motivations, et on était embauché.
1. Aux bords de Canche avec mon père et un pêcheur à la truite
2. À 5 ans, avec mon petit frère Guillaume
3. Course des garçons de café à Montreuil-sur-Mer
