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Juan Arbeláez

Juan Arbeláez est un électron libre, un cuisinier sans frontières devenu entrepreneur. Natif de Bogotá, en Colombie, venu en France pour apprendre son métier de cuisiner, son parcours atypique en fait un chef inclassable. Capable de mêler les styles et les influences sans se mettre de barrières, il est aussi passionné de vin, de fête, tout en étant un sportif accompli. À 37 ans, il croque la vie avec un incroyable appétit, convaincu d’une chose : profiter de chaque instant.

©LEPHOTOGRAPHE DU DIMANCHE

Comment se passe votre enfance ?

Je pense que j’ai eu la chance de naître dans une famille où l’on n’avait pas forcément beaucoup de moyens, mais dans laquelle on recevait beaucoup d’amour. Ma mère nous a toujours fait vivre dans une espèce de paradis, de rêve dans lequel on s’est toujours dit que tout était possible. C’est une femme absolument incroyable, d’une force monumentale, qui a fait croire à mon père que c’était lui qui tenait les rênes. Mais on a toujours su que c’était elle qui pilotait. Mon père était plus strict, mais juste. Il avait le souhait de nous transmettre les bonnes valeurs, de faire de nous de bons hommes, honnêtes. Il s’est donné énormément de mal pour nous inculquer ce genre de valeurs.

Vous êtes proche de vos parents ?

Je le suis, effectivement. C’est d’ailleurs l’une des choses qui m’a étonné en arrivant en France : cette distance qu’il pouvait y avoir dans certaines familles. En Colombie, comme souvent en Amérique latine, il y a plus de proximité, beaucoup moins de tabous. Il n’y a pas cette notion de vouvoiement, c’est beaucoup plus chaleureux, plus proche, presque intime. La première personne qui m’a parlé de sexe, c’était mon père. Il n’y a jamais eu de blocage là-dessus parce qu’il a toujours voulu créer un lien pour qu’en cas de besoin, on comprenne que c’était un allié, et qu’il n’était pas là pour nous juger. L’adolescence était un peu plus compliquée entre mon père et moi. Il était très exigeant et moi un peu trop fou. Je me faisais renvoyer des écoles, mes notes étaient toujours au strict minimum. Du coup, nos relations étaient plus tendues.

Votre relation s’est-elle apaisée avec le temps ?

Nous nous sommes rapprochés lorsqu’il est venu pour l’ouverture de Plantxa, mon premier restaurant à Boulogne-Billancourt. Pendant trois mois, il m’a aidé à faire le pain tous les matins. Nous avons à cette occasion reconstruit les liens qui s’étaient cassés. Je sais que j’étais vraiment un mec intenable, j’ai toujours été un peu excessif, hyperactif. Si on me dit de ne pas aller quelque part, j’en ai forcément envie. Donc je tombe beaucoup, mais je me relève toujours. Plus jeune, je pense que mon père ne voyait que les échecs, mais il faut dire que je ne savais pas encore ce que je voulais faire, car je n’étais pas forcément destiné à être cuisinier.

Cet article est issu du magazine

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N° 364 Mai 2025

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