LA PÂTISSERIE DE Nina Métayer

LA PÂTISSERIE DE  Nina Métayer
©Pascal Lattes

LA DÉLICATISSERIE À PARIS

 

En ouvrant en novembre 2020 une pâtisserie entièrement digitale, Nina Métayer ne s’est pas seulement inscrite dans son temps, elle assume pleinement ses convictions et s’attache à respecter les valeurs qui lui sont chères. Cette jeune maman de deux petites filles est désormais une entrepreneure 2.0, dont le seul objectif est de vendre des pâtisseries délicieuses, qui tentent en plus des plus vertueuses.

 

À 16 ans, alors qu’elle est encore au lycée, Nina Métayer ressent le besoin de s’émanciper. Elle quitte alors le foyer familial et s’envole seule pour le Mexique. Sur place, la jeune étudiante se met en quête d’un travail pour subvenir à ses besoins, et là « surprise », ses interlocuteurs lui demandent si elle est sait faire du pain... L’adolescente saisit l’opportunité et se forme en boulangerie. C’est son premier contact avec un métier qu’elle n’avait jusqu’alors envisagé. La vie est douce au Mexique mais la réalité la rappelle en France où elle doit passer son baccalauréat ; qu’elle décrochera avec mention. Piquée au travail de la pâte, la nouvelle bachelière s’inscrit en CAP boulangerie. Mais lorsqu’elle se met en quête d’un apprentissage, on lui demande si elle veut être vendeuse, « personne ne souhaitait m’embaucher comme boulangère ». Les portes se ferment les unes après les autres, jusqu’à ce qu’elle rencontre Denis Baron, gérant de la boulangerie Chez Paillat, à La Rochelle. Nina y entame sa formation et tombe réellement amoureuse du pain.

 

PARIS

Son apprentissage terminé, elle rencontre Mathieu, l’homme qu’elle épousera par la suite. C’est lui qui l’amène à rejoindre Paris... par amour. Nina Métayer cherche un poste en boulangerie mais comprend vite que faute de grandes maisons parisiennes sur son CV, elle ne trouvera pas de poste. Elle n’a que 21 ans, et se dit qu’il est encore temps de reprendre ses études. Elle s’oriente alors en pâtisserie et s’inscrit à l’école Ferrandi où elle obtient son CAP. Une première place au Meurice aux côtés de Camille Lesecq, puis deux ans plus tard, elle rejoint les cuisines de l’hôtel Raphael auprès d’Amandine Chaignot. Elle y décrochera son pre- mier poste de cheffe. Une expérience « fantastique » et le début de la médiatisation...

 

 

LE GRAND BAIN

Pour l’ouverture de son Grand Restaurant, c’est à Nina Métayer que le chef Jean-François Piège fait appel. « Nous étions vraiment dans l’excellence, tout devait être parfait », se souvient-elle. Deux années « à la fois difficiles et fabuleuses » en restauration gastro- nomique puis on lui propose le poste de cheffe du Café Pouchkine. L’enseigne ouvre place de la Madeleine et elle se dit que « ce serait une expérience en plus, l’occasion de comprendre le fonctionnement et l’organisation d’une grande maison ». Seulement voilà, Nina se rend compte des convictions toujours plus fortes qui l’animent : « Lorsque j’échangeais avec des journalistes, je leur expliquais ce que je souhaitais transmettre, mais cela n’avait plus du tout de rapport avec mon quotidien au travail. » C’est la prise de conscience et le moment pour elle de prendre une autre direction.

 

PROJET D’ENVERGURE

Ne dit-on pas « ne jamais être mieux servi que par soi-même » ? Nina Métayer crée sa société de conseil, et se lance dans un projet d’envergure : accompagner des entrepreneurs italiens dans un projet à Londres. Elle y dessinera un laboratoire, recrutera les équipes et élaborera des recettes. Mais ce qui devait être du conseil devient une collaboration d’un an, avec la création d’une boulangerie, d’une pâtisserie et d’un restaurant. L’émulation est au rendez- vous, la relation entre partenaires prend même la direction d’une association, mais sa famille est en France. Nina décide donc de rentrer, avec en tête de mettre à profit ses expériences en consulting et les différentes ouvertures de boutiques qu’elle a accompagnées. Être à la tête de sa propre pâtisserie oui, mais pas nécessairement sous la forme d’une boutique. Une évidence toutefois, à l’aube d’un tel projet, tenir ses convictions, en s’assurant d’un sourcing de produits de qualité et du bonheur de ses équipes heureuses.

 

LA PÂTISSERIE DE  Nina Métayer

 

LA PÂTISSERIE DE  Nina MétayerUNE PÂTISSERIE DIGITALE

La Délicatisserie est une pâtisserie 2.0, une boutique en ligne où Nina Métayer présente ses créations éphémères, inspirées par la saison et les moments de célébration comme l’Épiphanie, la Saint- Valentin, Pâques ou la fête des Mères, avec la possibilité de commande et d’une livraison dans un délai de 24 heures en région parisienne. Par ses réalisations, elle souhaite surtout « faire passer une émotion » et raconter une histoire autour de saveurs dont elle souhaite que ses clients se souviennent longtemps. Pour arriver à un tel résultat, la cheffe se laisse porter par ses envies, « la création d’un gâteau peut venir d’un fruit, d’une idée... ». Pour créer la Couronne de la fête des Mères par exemple, c’est surtout la rhu- barbe qui l’a aiguillée. « J’adore ce fruit, avoue-t-elle, je l’ai beaucoup travaillé pendant le confinement car j’ai un producteur à côté de chez moi. Et j’ai aussi durant cette période repensé mes pâtes sucrées à base de farine de blés anciens. J’ai par la suite simplement réuni toutes ces saveurs que j’aimais, comme la fleur de sureau, qui pousse en abondance dans mon jardin. » Cette couronne qui prête sa forme au gâteau renvoie à la douceur que la future maman voulait transmettre à ce moment précis.

 

L’HUMAIN AVANT TOUT

La pâtissière place l’humain au centre de son projet : producteurs, employés, clients ont à ses yeux la même importance. Il est primordial pour elle de respecter l’humain, les producteurs notamment, qu’elle dit vouloir rémunérer à leur juste valeur « pour qu’ils puissent continuer à faire de bons produits ». Idem pour ses salariés, Nina veut des équipes heureuses pour un travail bien fait et un investissement total dans l’entreprise. Pour ses clients, elle souhaite des tarifs accessibles. « Mon objectif, explique-t-elle, est d’avoir les meilleurs produits au prix le plus juste. » Et sa philosophie porte ses fruits : les clients sont déjà nombreux et visiblement satisfaits, et l’équipe compte déjà dix membres. Avec déjà en projet d’étendre la diffusion de ses pâtisseries sur l’ensemble du territoire. Et pour créer du lien, Nina Métayer se charge en personne de remettre ses pâtisseries à ses clients dans les points de vente avec lesquels elle collabore. La sélection de la société en charge des livraisons à domicile a été faite avec autant de précautions, s’assurant d’un sérieux et d’une sympathie à son image. Pour l’heure, les points de click & collect sont L’Annexe Richard, et les restaurants L’Accolade et Pleni.

 

 

 

LA PÂTISSERIE DE  Nina Métayer

 

 

UNE ENTREPRISE ÉCORESPONSABLE

Nina Métayer se soucie beaucoup de l’écologie, d’autant plus en cette période de crise sanitaire où livraisons et ventes à emporter se sont multipliées ; et avec elles les emballages carton. Ne supportant plus ce matériau très difficile à recycler, elle a fait le choix de boîtes compostables, qu’elle-même ajoute au compost qu’elle entretient dans son jardin. Elle souhaite dans sa démarche être la plus « propre possible », et ainsi limiter son impact sur la planète. La cheffe d’entreprise se bat dans chacun de ses gestes du quotidien pour alléger son empreinte, avec également en tête l’aspect économique. En étant attentive, dit-elle, il est tout à fait possible de moins jeter, et par conséquent de moins dépenser. « La matière première doit être dans mes pâtisseries, pas dans mes poubelles. » Dans un futur proche, Nina Métayer souhaiterait expédier ses créations partout en France. Reste désormais à élaborer une gamme capable de supporter le transport longue distance.

 

TEXTE : YELBANE RIALLAND.

PHOTOS : PASCAL LATTES.

LA PÂTISSERIE DE  Nina Métayer
©Pascal Lattes

LA DÉLICATISSERIE À PARIS

 

En ouvrant en novembre 2020 une pâtisserie entièrement digitale, Nina Métayer ne s’est pas seulement inscrite dans son temps, elle assume pleinement ses convictions et s’attache à respecter les valeurs qui lui sont chères. Cette jeune maman de deux petites filles est désormais une entrepreneure 2.0, dont le seul objectif est de vendre des pâtisseries délicieuses, qui tentent en plus des plus vertueuses.

 

À 16 ans, alors qu’elle est encore au lycée, Nina Métayer ressent le besoin de s’émanciper. Elle quitte alors le foyer familial et s’envole seule pour le Mexique. Sur place, la jeune étudiante se met en quête d’un travail pour subvenir à ses besoins, et là « surprise », ses interlocuteurs lui demandent si elle est sait faire du pain... L’adolescente saisit l’opportunité et se forme en boulangerie. C’est son premier contact avec un métier qu’elle n’avait jusqu’alors envisagé. La vie est douce au Mexique mais la réalité la rappelle en France où elle doit passer son baccalauréat ; qu’elle décrochera avec mention. Piquée au travail de la pâte, la nouvelle bachelière s’inscrit en CAP boulangerie. Mais lorsqu’elle se met en quête d’un apprentissage, on lui demande si elle veut être vendeuse, « personne ne souhaitait m’embaucher comme boulangère ». Les portes se ferment les unes après les autres, jusqu’à ce qu’elle rencontre Denis Baron, gérant de la boulangerie Chez Paillat, à La Rochelle. Nina y entame sa formation et tombe réellement amoureuse du pain.

 

PARIS

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